



François-Noël Buffet, sénateur UMP, fut l’un des six ambassadeurs du plan de relance entre février et juillet 2009.
En quoi consistait précisément votre rôle de parlementaire « ambassadeur de la relance » ?
L’objectif de ma mission était d’assurer le lien avec les parlementaires et les élus locaux de la zone géographique qui m’était dévolue (Bourgogne/Rhône-Alpes) afin de veiller au suivi et à la rapidité de la mise en place du plan. J’étais aussi chargé de faire remonter les informations et les résultats récoltés sur le terrain, notamment à travers un rapport remis à François Fillon et Patrick Devedjian. J’ai ainsi rencontré de nombreux élus et responsables de fédérations professionnelles pour appuyer au mieux l’action de l’Etat en réponse à leurs attentes et à leurs besoins.
Un peu plus d’un an après l’annonce de ce plan, quels résultats concrets constatez-vous ?
Cette mission de terrain m’a donné l’occasion de mieux réaliser les conséquences dramatiques de la crise internationale pour nos entreprises. Mais j’ai pu constater ainsi à quel point ce plan rapide et massif était la bonne solution pour en amortir les effets désastreux et préparer notre économie à reprendre la voie de la croissance. Toutes ces mesures ont créé et préservé des emplois et du pouvoir d’achat. Bien que la croissance de l’économie française ait reculé de 2,2% en 2009, elle reste en meilleure santé que celle de nos voisins (-4,9% en Allemagne, -4,8% en Italie, -4,7% au Royaume-Uni, -3,6% en Espagne). Par ailleurs, même si la situation de l’emploi est loin d’être reluisante, le plan de relance a permis d’éviter la catastrophe qu’ont connu les pays comme les Etats-Unis, l’Espagne et le Royaume-Uni, en terme de chômage. L’embauche de 850 000 personnes grâce à la mesure « zéro charge » dans les TPE de moins de 10 salariés, a joué un rôle clé en la matière.
Que répondez-vous à ceux qui critiquent le côté saupoudrage des 1000 chantiers du plan de relance ?
Ces chantiers, aujourd’hui au nombre de 1 500, ont parfaitement répondu à l’objectif qui était le leur, à savoir l’injection rapide et massive d’argent frais dans des projets qui étaient prêts à démarrer et dont il ne manquait que le financement. Ils ont donc eu un impact à la fois immédiat sur l’emploi et durable en matière d’équipement. Cela dit, on a trop tendance à cantonner le plan de relance à ces projets. N’oublions pas la prime à la casse, l’action de nos entreprises publiques, le dispositif « zéro charges » dans les TPE, la prime de solidarité active de 200 euros versée à 3.6 millions de foyers les plus modestes, entre autres mesures. C’est tout cela qui a permis à la France de mieux résister à la crise que ses voisins.
Mais si je ne devais citer qu’un seul axe, je retiendrais sans doute les conventions de remboursement anticipé du fonds de compensation de la TVA. Pour rappel, ce dispositif a permis aux collectivités qui se sont engagées sur une progression de leurs dépenses d’investissement d’au moins 1 euro en 2009 (par rapport à la moyenne des quatre années précédentes) de bénéficier un an plus tôt que prévu du remboursement d’une partie de la TVA. C’est incontestablement un formidable succès : près de 20 000 conventions ont ainsi été signées au niveau national, représentant 54.51 milliards d’euros d’investissements prévisionnels supplémentaires. Rendons-nous compte que 45% des communes françaises ont joué le jeu. Enfin, il y a le Fonds stratégique d’investissement (FSI) et Oséo, deux autres acteurs clés du succès du plan de relance.
Justement, en quoi le FSI et l’Oséo ont-ils joué un rôle déterminant dans le soutien de l’économie ?
Doté de 20 milliards d’euros, le FSI a pour vocation d’intervenir en tant qu’investisseur dans les entreprises françaises porteuses de projets industriels créateurs de valeur et de compétitivité afin de les aider à traverser la crise. En d’autres termes, il est arrivé à point nommé pour soutenir des fleurons de notre économie susceptibles de se retrouver en grave difficulté faute de financements suffisants pour assurer leur développement. Le FSI s’est notamment engagé auprès de Technip, de Frey, de Meccano ou encore de Gemalto.
Quant à la garantie Oséo, elle a très intelligemment assumé une partie du risque de défaut des PME en difficulté conjoncturelle faute d’accès au crédit. Là encore, les résultats sont impressionnants. Couplée aux autres mesures (médiateur du crédit et commissions préfectorales), la garantie de crédit d’Oséo a déjà soulagé la trésorerie de 17 500 entreprises, sauvegardant ainsi des milliers d’emplois.