



Les sénateurs ont adopté, dans la nuit du 3 au 4 février, le projet de loi de réforme des collectivités territoriales, rapporté par Jean-Patrick Courtois (Saône-et-Loire) pour la commission des Lois, et Charles Guené (Haute-Marne), pour avis, au nom de la commission des Finances.
Le projet de loi a quatre objectifs principaux :
A l’occassion du l’examen du texte en commission, Jean-Patrick Courtois, Rapporteur, a rappelé que « la mise en place des conseillers territoriaux est d’abord un moyen d’améliorer la coordination entre les départements et les régions, sans remettre en cause les spécificités de chacune de ces collectivités, qui resteront administrées par des assemblées délibérantes distinctes. » « En second lieu, la mise en place des conseillers territoriaux doit être interprétée comme un signal positif lancé aux élus locaux, [...] En effet, les conseillers territoriaux bénéficieront de missions plus étendues et de responsabilités plus larges que leurs prédécesseurs : leur création est donc un acte de confiance dans la démocratie locale », a -t-il ajouté.
Pour ces différentes raisons, la commission des Lois a donné son soutien à la mise en place des conseillers territoriaux et n’a adopté qu’un amendement rédactionnel sur le sujet.
A l’occasion de la discussion générale, Gérard Longuet a déclaré :« oui, nous sommes favorables a la mise an place d’un bloc départements-région et d’un pôle communes-intercommunalité. » « Le conseiller territorial est la forte valeur ajouté de ce texte, a ajouté le président du Groupe UMP ».
Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur a déclaré que « le pire service à rendre à la décentralisation serait d’ignorer tous ces travaux et de ne rien entreprendre. En réformant notre organisation territoriale, nous la conforterons comme nous conforterons les libertés locales ; c’est en ne faisant rien que nous les affaiblirions. »
La majorité sénatoriale a adopté, jeudi 21 janvier, un amendement au projet de loi, portant sur le mode d’élection du conseiller territorial. Présenté par Nicolas About, au nom du Groupe d’Union centriste, l’amendement stipule que « le mode d’élection du conseiller territorial assure la représentation des territoires par un scrutin uninominal, l’expression du pluralisme politique et la représentation démographique par un scrutin proportionnel ainsi que la parité. »
Les sénateurs ont voté, mercredi 27 janvier, le principe de la création d’un nouvel élu, le conseiller territorial. L’article 1 du texte qui crée ce nouveau conseiller a été adopté par 174 voix contre 156.
Pour Alain Vasselle (Oise), « le conseiller territorial renforcera la complémentarité entre les deux échelons. C’est une innovation pertinente. »
Ce nouvel élu remplacera en mars 2014 les conseillers généraux et régionaux. Ils siègeront à la fois au titre du département et de la région et seront 3.000 au lieu des 6.000 conseillers généraux et régionaux.
Le mode d’élection, les compétences et la répartition territoriale de ce nouvel élu seront définis dans des projets de loi ultérieurs.
Les sénateurs ont voté, jeudi 28 janvier, l’élection au suffrage universel direct des conseillers communautaires. Cela « permettra de renforcer la légitimité des intercommunalités auprès de nos concitoyens car ils participeront directement à l’élection des conseillers municipaux qui seront délégués communautaires », a indiqué Jean-Patrick Courtois, rapporteur.
Les conseillers communautaires sont les représentants des communes qui siègent dans les conseils des établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre, c’est-à-dire les communautés urbaines, les communautés d’agglomération, les communautés de communes et les futures métropoles.
Leur élection aura lieu dans le cadre des élections municipales par un système de « fléchage » amenant les premiers de liste à siéger au conseil municipal et au conseil communautaire. Ceci afin de ne pas créer une nouvelle circonscription intercommunale.
Le Sénat a prévu que la répartition des sièges se ferait, dans les communautés de communes et les communautés d’agglomération,par accord local des deux tiers au moins des conseils municipaux des communes intéressées représentant la moitié de la population ou de la moitié des conseils municipaux des communes intéressées représentant les deux tiers de la population. « La commission a toujours considéré qu’il fallait privilégier les accords locaux qui garantissent une répartition équitable entre les communes, »a indiqué Jean-Patrick Courtois.
A défaut d’accord, les sénateurs ont prévu, sur proposition de Pierre Hérisson (Haute-Savoie) et Gérard Collomb (PS), l’application d’un tableau de répartition des sièges en fonction de la population, avec au moins un siège pour chaque commune et en évitant qu’une commune centre devienne majoritaire.
Le Sénat a voté, mardi 2 février, la création des futures métropoles. La métropole est un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) regroupant plusieurs communes, qui forment un ensemble de plus de 450 000 habitants, qui élaborent et conduisent ensemble un projet d’aménagement et de développement économique, écologique, éducatif, culturel et social de leur territoire afin d’en améliorer la compétitivité et la cohésion.
Les sénateurs ont décidé de maintenir l’autonomie fiscale des communes dans les métropoles. « La commune reste la cellule de base de la démocratie, ce qui exclut de lui enlever toute autonomie fiscale, même au sein d’un EPCI particulièrement intégré. » a déclaré le rapporteur, Jean-Patrick Courtois .
Concernant la création de communautés d’agglomération, « le seuil démographique de 50 000 habitants est réduit à 30 000 habitants, lorsque la communauté d’agglomération comprend le chef-lieu du département. »
De plus, à l’initiative de Marie-Thérèse Bruguière (Hérault), les sénateurs ont décidé que le seuil démographique pouvait également être apprécié en population « Dotation globale de fonctionnement (DGF) » si, « cumulativement, la population « DGF » l’excède d’au moins 20 % et si la population « DGF » majore de plus de 50 % la population totale ». Cet amendement permet d’intégrer dans le calcul du seuil de population la population saisonnière des territoires à forte population touristique.
Le Sénat a voté la création des pôles métropolitains mais à l’initiative exclusive des collectivités locales. « Le pôle métropolitain est un établissement public constitué par accord entre des établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre, pour la mise en oeuvre d’actions d’intérêt métropolitain en matière de développement économique, écologique, éducatif et universitaire, de promotion de l’innovation, d’aménagement de l’espace et de développement des infrastructures et des services de transport, afin d’améliorer la compétitivité et l’attractivité de son territoire. »
Le Sénat a encadré la fusion des départements et des régions en rendant obligatoire son approbation par les conseils généraux ou régionaux et les populations concernées.
Concernant la fusion des départements, l’amendement stipule : « à la demande de leurs conseils généraux, des départements formant un territoire continu peuvent être regroupés en un seul. En cas de délibérations concordantes de l’ensemble des conseils généraux intéressés, le gouvernement ne peut donner suite à la demande qu’avec l’accord des personnes inscrites sur les listes électorales des communes appartenant à ces départements ».
Sur proposition de Dominique de Legge (Ille-et-Vilaine), le Sénat a adopté un article additionnel permettant à un département d’être rattaché à une région qui lui est limitrophe, à la demande du conseil général intéressé ou d’un ou des deux conseils régionaux intéressés.
Par ailleurs, à l’initiative du rapporteur, Jean-Patrick Courtois, les sénateurs ont adopté un nouvel article qui permet à « une région et aux départements qui la composent de demander à fusionner en une unique collectivité à statut particulier, par délibération concordante de leurs assemblées délibérantes », après consultation des personnes inscrites sur les listes électorales des communes de chacun des départements concernés sur l’opportunité de ce projet.
Si le texte interdit la création de nouveau pays, le Sénat a cependant souhaité, à l’initiative d’ Ambroise Dupont (Calvados) de maintenir les pays existants.
Les sénateurs ont entériné la répartition des compétences des régions et des départements, ainsi que les règles d’encadrement des cofinancements entre les collectivités territoriales, en application des principes suivants :
La région et le département exercent les compétences qui leur sont attribuées par la loi ; dès lors que la loi a attribué une compétence à l’une de ces collectivités, cette compétence ne peut être exercée par une autre collectivité.
La capacité d’initiative de la région ou du département ne peut s’appliquer qu’à des situations et des demandes non prévues dans le cadre de la législation existante, dès lors qu’elle est justifiée par l’intérêt local et motivée par une délibération de l’assemblée concernée.
Lorsque, à titre exceptionnel, une compétence est partagée entre plusieurs niveaux de collectivités, la loi peut désigner la collectivité chef de file chargée d’organiser l’exercice coordonné de cette compétence ou donner aux collectivités intéressées la faculté d’y procéder par voie de convention ; la collectivité chef de file organise, par voie de convention avec les autres collectivités intéressées, les modalités de leur action commune et de l’évaluation de celle-ci.
La pratique des financements croisés entre les collectivités territoriales est encadrée afin de répartir l’intervention publique en fonction de l’envergure des projets ou de la capacité du maître d’ouvrage à y participer.
Sur proposition de Jean-Patrick Courtois, le sénat a adopté un amendement visant à soutenir l’action des départements : « le département continuera à être identifié comme le lieu des politiques publiques de proximité et sera confirmé dans son rôle de garant des solidarités sociales et territoriales. » « Il permet de soutenir l’action des départements indispensable, en particulier, pour les communes de montagne. », a indiqué le rapporteur.
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