


Avec la loi pénitentiaire, le Sénat inaugure les nouvelles modalités de vote des projets de lois issues de la révision constitutionnelle de juillet dernier. Désormais c’est le texte modifié par la commission, et non plus la version initiale du gouvernement, qui vient en discussion en séance publique. Le rééquilibrage des pouvoirs en faveur du Parlement, voulu par le Président de la République, est en marche.
Pour la première fois sous la Vème République le Parlement débat d’une grande réforme fondatrice dans le domaine pénitentiaire. Nos prisons vont mal : surpopulation carcérale, promiscuité, violences, suicides, récidives en sont les principaux symptômes. En multipliant les alternatives à l’incarcération et les aménagements de peines, avec le développement des travaux d’intérêt général, du bracelet électronique et de la libération conditionnelle, la loi se donne les moyens d’inverser la tendance. Pour lutter contre l’oisiveté en milieu carcéral le Sénat impose une obligation d’activité et pour assurer la dignité des détenus, il encadre les fouilles, veille à la préservation des liens familiaux et favorise le travail et la formation.
Les prisons sont un lieu de sanction mais aussi de souffrance, celle des détenus qui fait écho à celle des victimes. Si elle devient demain un lieu d’espérance et de réinsertion, c’est toute la société qui en tirera bénéfice.