



Dans le contexte économique et social du moment plane le spectre d’une faible mobilisation pour les élections européennes du 7 juin prochain. Certains prévoient déjà une forte abstention, ou le recours au vote protestataire. S’abstenir ou faire du vote une sanction, c’est pourtant refuser de créer notre destin commun en Europe ! Face aux difficultés parfois sans précédent qu’ils vivent en raison de la crise, nos concitoyens pourraient se désintéresser des élections européennes. Ils pourraient penser que ce scrutin n’a pas d’incidence sur leur vie de tous les jours. Mais l’enjeu du scrutin du 7 juin est précisément leur avenir ! Parce qu’ils sont peut-être moins familiers des institutions européennes, les Français ne prennent pas toute la mesure de leur rôle dans l’élection du Parlement européen. Depuis trente ans, pourtant, le Parlement européen est élu au suffrage universel direct. Et son rôle, surtout consultatif à l’origine, a profondément évolué : il est aujourd’hui le phare de l’Union européenne. Parallèlement et au-delà de l’échelle nationale, l’Europe est l’horizon de notre politique commune. Nous n’avons pas le droit de la négliger. Pour notre communauté nationale et européenne, le risque est évident de voir se multiplier, à cause de la crise, des attitudes de repli national et identitaire. Ces formes de crispation ne correspondent pas à nos valeurs ! Elles sont contraires au mouvement même de la construction européenne qui, depuis la fin de la guerre, nous a permis de faire entendre notre voix et d’avoir un poids politique et diplomatique.
Nous avons une conviction forte. La crise que nous vivons étant mondiale et affectant des économies interdépendantes, la réponse à la crise ne peut être que politique et doit dépasser le cadre national. La crise ne sera surmontée que si les politiques mises en place s’inscrivent dans une cohérence européenne.
La Présidence française de l’Union européenne a d’ailleurs montré que le poids de l’Europe a été une force pour réagir avec une efficacité unanimement saluée aux effets de la crise financière.
Nous avons donc un rôle majeur à jouer, à l’occasion de ces élections européennes, pour définir les lignes de notre destin commun et recréer la cohésion qui vient d’être bouleversée. Le 7 juin, les électeurs français ont la chance de pouvoir peser directement sur la marche de l’Europe. Ils doivent la saisir et en mesurer toutes les conséquences, pour eux-mêmes et pour notre avenir à tous.