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Gérard Longuet : « Notre électorat attend un signal de Sarkozy »

Le Figaro, 4 mars 2010

Le patron du groupe UMP du Sénat, ancien président de la région Lorraine, souhaite que le chef de l’État s’implique davantage dans la campagne.

Laurent Hénart garde-t-il selon vous une chance de l’emporter ?

Oui, parce que l’opinion lorraine découvre la réalité du bilan de la majorité sortante. Elle est la dernière des régions en termes de performances fiscale, financière et budgétaire, elle n’a pas réalisé de projet majeur depuis six ans, et elle n’en a pas pour le mandat à venir. En outre, Laurent Hénart a su rassembler la majorité dans les quatre départements lorrains, et en particulier mettre fin aux tensions fortes qui ont marqué la droite mosel­lane depuis dix-huit ans.

Comment expliquez-vous que les sondages se dégradent pour la majorité ?

L’électorat de droite attend un signal de Nicolas Sarkozy pour s’engager. Il observe l’action du président sans se sentir très directement impliqué, sans doute parce qu’il n’a pas le temps de saisir la portée des initiatives que Nicolas Sarkozy prend. Et il en prend beaucoup ! Je souhaite qu’il s’implique davantage dans la campagne. Samedi, il est au Salon de l’agriculture. J’aimerais qu’il explique à tous les Français qu’ils doivent faire aujourd’hui les efforts accomplis par l’Allemagne il y a dix ans.

Faut-il ralentir le rythme des réformes ?

Non. Le gouvernement et le parti doivent relayer la parole présidentielle, ce qu’ils ne font pas toujours assez. À leur décharge, la voix du président étant forte, il leur est difficile de se faire entendre, surtout sur des sujets compliqués comme la taxe carbone, que les Français jugent éloignée de leurs préoccupations immédiates.

Est-ce qu’un scrutin à un tour aurait permis d’inverser la tendance ?

Oui. Dès lors qu’il s’agit d’une élection proportionnelle, je suis convaincu que la tendance serait meilleure. Ne serait-ce que pour convaincre nos sympathisants qu’on peut gagner. Là, ils ont le sentiment qu’au second tour, on aura tout le monde contre nous. Ce n’est pas très mobilisateur. Or, si les élections locales sont traditionnellement mauvaises pour le pouvoir, l’abstention reste notre principal adversaire.

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