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Gérard Longuet : « Sarkozy peut se tromper »

Libération, 23-24 janvier 2010

Pour Gérard Longuet, président du groupe UMP au Sénat, les Français sont persuadés qu’il n’y a pas d’alternative au sarkozysme.

Nicolas Sarkozy a-t-il perdu la main ?

Figurez-vous, c’est incroyable, que Nicolas Sarkozy peut se tromper. Contrairement au pape, il n’est pas infaillible ! Mais il a une grande qualité : il réagit vite. Dans l’affaire Proglio, les choses sont très rapidement rentrées dans l’ordre. Le plus gênant, selon moi, c’est que Christine Lagarde - une femme de qualité - ait dû aller au charbon pour défendre une décision qu’elle n’avait pas du tout avalisée.

Comment expliquer une telle accumulation de revers ?

Les loupés partis de l’Elysée ne sont pas si nombreux. Quand Jean Sarkozy est mal conseillé, quand Patrick Devedjian attaque le Conseil constitutionnel, quand Jean-Claude Gaudin tient des propos équivoques, ce n’est pas sur commande de l’Elysée.

Après la crise, les politiques ne sont-ils pas soumis à une forte exigence morale ?

Quand les gens sont nombreux à gagner de l’argent, on accepte les nouveaux riches. En période de crise, c’est plus difficile. Pour Sarkozy, il y a là un devoir de cohérence : il a stigmatisé le capitalisme financier, dénoncé les traders et pénalisé fiscalement les bonus.

Diriez-vous que la majorité n’est pas tenue ?

On est à mi-chemin entre deux présidentielles. Ce n’est évidemment pas la période de la plus forte autorité sur la majorité. Et nous sommes dans un système où le parlement à de plus en plus de pouvoirs.

Jean-François Copé est-il trop indiscipliné ?

Il veut prendre l’initiative, ne pas subir, exister médiatiquement. Le risque, c’est d’en faire trop et d’embarrasser inutilement son propre camp. Sur la burqa, on aurait pu laisser la mission Gerin aller au bout de son travail.

Êtes-vous inquiets pour les régionales ? Les militants n’ont pas l’air d’y croire...

Ils ont tort car tout est possible. Dans ma région, je ne vois pas de ressentiment de la population contre le gouvernement. Les gens savent que nous sommes en crise et que rien n’est facile. Ils voient que ce gouvernement travaille, incontestablement. Et qu’il n’y a pas d’alternative à gauche.

Selon vous, que doit dire Nicolas Sarkozy au Français lundi ?

Il doit faire passer le message qu’il nous a adressé le 13 janvier dans ses voeux aux parlementaires : la maison est bien tenue, le gouvernement tient le cap dans une mer difficile.

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