


L’homme politique participa à la fronde des cadets de la République avec Noir, Carignon, Léotard, Millon et Longuet. L’opération fit long feu.
Philippe Séguin a participé à l’aventure des rénovateurs, baptisés aussi « cadets de la République ». Carignon, Noir, Léotard, Millon, Longuet, des quadras qui s’ennuient en 1989. Gérard Longuet se souvient.
Quel a été l’élément déclencheur ?
Entre 1981 et 1988, il y eut un épuisement des leaders historiques de la droite, avec l’échec de Giscard, puis celui de Chirac et de Barre. On avait le sentiment que les plus de 60 ans pouvaient laisser la place à des plus jeunes pour les élections européennes. Chirac était d’accord pour soutenir Giscard si Balladur était en numéro 2. On se disait : tiens voilà la liste Louis XV Louis XVI. Si le RPR était bloqué par Chirac, l’UDF dirigé par Giscard était plus libre dans ses composantes. On ne se sentait pas étouffés. Il faut dire que l’appareil UDF était très faible. Le mouvement est parti du RPR avec Noir et Carignon. Léotard les a rejoints. Il y avait aussi Michèle Barzach. Ils ont essayé d’entraîner Juppé et Séguin. Juppé était tenté mais il restait loyal à Chirac. Je me souviens d’un grand week-end à Grenoble à l’invitation de Carignon pour monter une opération.
Et Séguin ?
Il était très sollicité. Il s’entendait bien avec Carignon. Je ne crois qu’il ait été présent à ce fameux week-end. Mais il y avait eu beaucoup de négociations téléphoniques. On s’est retrouvés le bec dans l’eau. Giscard fut tête de liste aux Européennes. Le mouvement s’est dispersé. Je ne sentais pas Philippe Séguin très à l’aise, il n’était pas prêt à adopter une discipline collective. A l’UDF, on pensait que c’était le problème du RPR. Puis Balladur a fait évoluer ce parti au plan des idées, le message devenait plus européen, plus libéral. Ça commençait à nous intéresser.
La fin des rénovateurs est intervenue à quel moment ?
Très vite. A l’automne 89.
Sans Philippe Séguin ?
Il nous a dit que ça ne pouvait pas marcher normalement.
Il n’a pas eu tort..
Oui, en effet. De toute manière, notre camp était divisé. François Léotard était président du groupe UDF à l’Assemblée nationale. Le poste m’intéressait mais je m’étais effacé derrière François. Puis il a été battu par une manœuvre menée par Giscard qui a fait élire Charles Millon.
Que retenez-vous de Philippe Séguin ?
Philippe Séguin était très personnel. Ce n’était pas un homme d’appareil. Il était désarmé pour une carrière politique. Car il avait une aptitude à la solitude qui rendait un projet politique vraiment impossible.