


En ouverture du colloque, Ladislas Poniatowski a exprimé le plaisir et l’honneur que représentait pour lui l’accueil des participants dans un lieu aussi riche d’Histoire de France que le Sénat. D’autant que ces bâtiments abritent également l’élaboration et le vote des lois, du budget de l’État ou encore le contrôle de l’action du gouvernement. Alors, pourquoi un colloque sur les énergies renouvelables dans un tel lieu et pourquoi maintenant ?
La France s’est engagée devant l’Union européenne à atteindre 23 % d’énergie renouvelable dans sa consommation d’énergie d’ici 2020. De plus, ainsi que l’indiquent les enquêtes d’opinion ou les achats d’équipements pour le logement (panneaux photovoltaïques, appareils de chauffage domestique, pompes à chaleur…), les Français sont majoritairement favorables au développement des énergies renouvelables.
Pour autant, Ladislas Poniatowski se demande si nous ne nous sommes pas fixé des objectifs trop ambitieux. En effet, la filière hydroélectrique, celle qui pèse le plus dans notre mix énergétique aujourd’hui, ne peut espérer augmenter que marginalement sa capacité installée. Ensuite, bien que l’éolien soit en train de décoller sérieusement, il est confronté à une vague de protestation. La production d’électricité à partir de biomasse a besoin, quant à elle, d’une augmentation sérieuse de sont tarif d’achat et d’une amélioration des procédures d’appels d’offres. Quant au photovoltaïque, les projets tardent à sortir. Si la France veut rattraper son retard sur le solaire, elle doit développer toute la filière : depuis la production de silicium jusqu’à l’installation des panneaux en toiture. De plus, il ne faudra pas commettre la même erreur qu’avec l’éolien. La multiplication des fermes solaires suscite déjà les réticences de ceux qui y voient un gaspillage des terres agricoles. A l’inverse, pour Ladislas Poniatowski, le photovoltaïque intégré au bâtiment représente un vrai champ de développement qui est actuellement sous‐estimé.
« Depuis longtemps, les sénateurs se sont impliqués dans la politique énergétique de la France et ont notamment soutenu les choix stratégiques faits pour développer sa filière électronucléaire. »
Ce choix contribue aujourd’hui à l’indépendance énergétique de notre pays et à la lutte contre le changement climatique. Les sénateurs sont bien conscients que le nucléaire ne peut être considéré comme la panacée et qu’il est impératif de diversifier notre bouquet énergétique pour satisfaire nos besoins nationaux. C’est pourquoi le Sénat s’est ouvert de longue date à la problématique des énergies renouvelables et a déposé de nombreux amendements à la Loi Énergie en faveur de ces filières.
Les sénateurs veulent aujourd’hui continuer à prendre part au développement des énergies renouvelables, en mobilisant tous les acteurs convaincus, comme eux, de cette nouvelle priorité de la politique énergétique et des enjeux que cela représente pour notre pays. L’examen en deuxième lecture du projet de loi Grenelle I a commencé mi-juin au Sénat. Cette loi devrait être définitivement adoptée avant l’été. A partir du mois de septembre, le Sénat examinera en première lecture le projet de loi Grenelle II, qui constitue la boîte à outils nécessaire à l’atteinte des objectifs fixés par la loi Grenelle I. Le colloque s’inscrit donc naturellement dans cet échéancier.
Son titre en forme de question : « 23 % d’énergie renouvelable en France en 2020 : objectif utopique ou réalisable ? » a été choisi par le Sénateur, convaincu que cet objectif est réalisable, mais qu’il ne pourra être atteint sans une forte dose de volonté et sans une coopération de tous les acteurs concernés.