


En vue de la révision prochaine des lois de bioéthique, le Président de la République a voulu des états généraux de la bioéthique afin que les citoyens soient au cœur de la réflexion dans ce domaine qui engage notre vision de l’homme et que « le débat ne soit pas confisqué par les experts ». Le comité de pilotage des états généraux de la bioéthique, réuni par Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la Santé, a organisé la tenue de ces forums citoyens à Marseille sur les cellules souches et le DPI-DPN, à Rennes sur l’assistance médicale à la procréation et à Strasbourg sur le prélèvement d’organes et les tests génétiques. Les cinq thèmes abordés pendant les états généraux constituent les différents points qui feront l’objet de la révision de la loi. Suite à leurs formations, les jurys citoyens dont l’investissement a été remarquable, ont émis un avis sur les problématiques soulevées lors de leur forum. A partir de ces avis, des nombreuses contributions personnelles reçues par le site web des états généraux de la bioéthique, et des débats qui ont eu lieu lors des forums, un rapport sera remis ces jours-ci à Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée. S’il ne s’agit pas de bouleverser la loi de 2004, le travail effectué a permis de confirmer un attachement aux progrès de la médecine et tout à la fois à certains grands principes structurants de notre droit tels que l’indisponibilité du corps humain et sa non patrimonialité. Mais ce travail a consisté surtout en la mise en relief d’un questionnement nécessaire sur l’homme, qu’aucune société soucieuse de la dignité de ses membres, ne peut ignorer. En effet, la question est bien de savoir ce que l’on est prêt à abandonner de nos principes en autorisant telle ou telle pratique. Que faisons-nous par exemple, pour assurer aux générations futures qu’ils ne sont pas des êtres fabriqués et encore moins des erreurs, quand bien même ils ne répondraient pas à la norme sociale ambiante ? Un panéliste a dit ainsi « Je suis venu avec une opinion personnelle, je repars avec un doute collectif ». Si cela signifie que le barrage de la pensée unique a été franchi, que l’emprise de l’émotion légitime provoquée par des cas particuliers a été surmontée pour atteindre une réflexion tournée vers l’intérêt général et la sauvegarde des droits fondamentaux, alors le pari aura été réussi. Le travail des parlementaires à l’occasion de la loi de bioéthique devrait donc être suivi de près.