



Prenant la parole dans la discussion générale, en tant qu’orateur du groupe UMP, Bruno Gilles a donné les raisons de son adhésion à la proposition de loi adoptée par l’Assemblée nationale en décembre dernier, visant à réprimer la contestation des génocides reconnus par la loi.
Cette proposition de loi crée une incrimination pénale pour toute idéologie de haine et d’incitation à la violence fondée sur la contestation des faits de génocides reconnus par le parlement. Elle concerne actuellement le seul génocide arménien, reconnu par la loi n° 2001-70 du 29 janvier 2001.
Le sénateur des Bouches du Rhône a souligné que la négation des deux génocides reconnus par le parlement, la Shoah et le génocide arménien, est inéquitablement traitée. Le premier a été assorti d’un dispositif pénal, l’autre non. Pour Bruno Gilles, cette hiérarchie dans la condamnation de leur négation opère une graduation insupportable dans la reconnaissance de semblables tragédies, dans la compassion à l’égard des victimes, en raison de la discrimination qu’elle opère entre elles.
Aussi, au nom des Arméniens réfugiés des massacres de 1915, accueillis sur notre sol et dont les descendants font partie intégrante de notre nation, a-t-il préconisé l’incrimination pénale du négationnisme dont ils sont la cible. Par fidélité aux valeurs de justice qui l’animent, il a estimé qu’il était du devoir du parlement d’inscrire celle-ci dans la loi.
Enfin, soutenir une telle position, ce n’est pas, pour Bruno Gilles, s’ériger contre l’État et le peuple turcs, nullement responsables d’une tragédie à laquelle ils n’ont pas participé. Au contraire, rappelant les liens profonds entre la France et la Turquie depuis l’alliance scellée entre François 1er et Soliman le magnifique, par égard pour nos compatriotes d’origine turque et pour les bonnes relations entre les deux pays, il a invité notre pays à ne pas oublier cette autre vérité historique.