



Monsieur le Président du Congrès, Monsieur le Président du Sénat, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et messieurs les ministres, Mes chers collègues,
Le 7 juin dernier, nos compatriotes ont placé la majorité présidentielle en tête des élections européennes. Ils ont apporté leur soutien aux partis qui leur ont parlé d’Europe et qui avaient une vision pour la France en Europe.
En soutenant la majorité présidentielle, ils ont témoigné leur confiance à une famille politique mobilisée, rassemblée et cohérente. Une famille politique forte de ses valeurs et ouverte au dialogue. Une famille politique fière de sa diversité, qui s’engage autant pour la sécurité des Français, que pour la protection de l’environnement ou pour la relance de l’économie et de l’emploi. Le 7 juin, les Français ont délivré trois messages : une exigence de clarté, une exigence d’unité, une exigence de projet. Les Parlementaires de la majorité les ont entendus.
La majorité présidentielle est rassemblée et ouverte. C’est ce qui fait sa force aujourd’hui, c’est ce qui lui donne la légitimité pour continuer à réformer notre pays demain. Depuis mai 2007, nous avons replacé la politique et la modernisation de notre pays au cœur de l’action publique. Etre gestionnaire, c’est aussi savoir être visionnaire. Réformer la France d’aujourd’hui, c’est offrir une vision et une ambition pour la France de demain, c’est aussi donner toutes leurs chances aux générations futures dans une Europe forte et unie.
Le 7 juin, les Français ont reconnu le travail accompli par le Président Nicolas SARKOZY durant la présidence française de l’Union. Par sa détermination et son opiniâtreté, il a prouvé que l’Europe pouvait peser. Celle-ci a proposé des solutions au conflit géorgien, elle a défendu l’idée d’un capitalisme moralisé, elle a impulsé la réunion du G20.
Le succès de la majorité présidentielle nous oblige, autant que nous obligent les 60% de Français qui ne sont pas allés voter. Face aux doutes, aux interrogations, au renoncement de certains de nos compatriotes, nous devons porter une exigence : la pédagogie. C’est le sens du Congrès réuni aujourd’hui. C’est le défi qui nous attend demain.
Le vrai danger pour la vitalité de notre démocratie, c’est le repli dans « l’entre soi », c’est la tentation du communautarisme, c’est la victoire de l’individu et du consommateur sur le citoyen. Pour trop de nos compatriotes, l’Europe est encore une idée lointaine et une réalité tatillonne. Elle doit devenir un horizon naturel et un projet politique mieux partagé. L’Union européenne est la somme d’étapes historiques qui ont vu les Européens se réconcilier et construire des politiques communes. Aujourd’hui, le Président de la République et la majorité s’attachent à donner un sens politique et un prolongement à ce projet européen !
En effet, il n’y a pas d’Europe puissance sans Europe politique. Il n’y a pas eu hier d’Union européenne sans vision, il n’y aura pas demain d’Europe sans un cadre juridique partagé et rénové. La ratification du Traité de Lisbonne par l’ensemble des Etats membres est à cet égard un rendez-vous primordial. C’est ce qui nous permettra de construire une Union européenne forte, avec une présidence stable, un fonctionnement simplifié, une politique extérieure cohérente.
Peser face aux autres puissances mondiales, bâtir des réponses communes à la crise internationale, convaincre le monde de lutter résolument contre le réchauffement climatique : ce sont les défis que la France et l’Europe doivent relever. Plus que jamais la crise économique nous invite à être force d’imagination et de proposition pour une meilleure régulation de l’économie mondiale.
Depuis un an, nous vivons en effet une période particulièrement troublée. Des secteurs économiques entiers sont fragilisés et des centaines de milliers d’emplois supprimés ou menacés.
Le Président de la République et le Gouvernement ont dit la vérité aux Français sur la gravité de la crise et sur ses conséquences. Avec la majorité, ils ont agi sans délai pour préserver l’épargne des Français, sauver notre système financier et nos entreprises, protéger nos territoires, atténuer les difficultés des plus fragiles.
En vérité, la crise fait naître une question décisive : quel monde voulons-nous bâtir demain ?
L’échelle des problèmes a changé. La mutation de la société de l’information, l’arrivée massive des nouvelles puissances indienne et chinoise dans l’économie mondiale, nous obligent à repenser notre modèle de développement.
Nous ne voulons plus d’un monde où l’économie virtuelle prenne le pas sur l’économie réelle, où la valeur travail s’efface devant la valeur spéculative. Nous voulons répondre aux souffrances et aux préoccupations du présent. Aux nombreux Français qui subissent les effets de la crise et qui doutent, nous répondons par l’action et la fidélité aux engagements.
Nous voulons aussi préparer l’avenir en faisant le choix de la relance par l’investissement. Renforcer la compétitivité et l’attractivité de notre économie, développer la recherche et l’innovation, c’est préparer les emplois de demain. La seule politique de lutte contre la crise, c’est celle qui consiste à anticiper et préparer le retour de la croissance.
Quelle France voulons-nous construire pour demain ?
Avec le Président de la République, nous voulons poursuivre la modernisation de notre pays et la réforme de l’Etat.
Nous voulons que la France de demain demeure une Nation industrielle, capable de produire, d’exporter et de développer ses territoires. Le déclin industriel et les licenciements ne sont pas une fatalité. L’Europe n’est pas vouée à devenir seulement un continent de services, sans industries ni travailleurs. L’avenir passe par une vraie politique industrielle en Europe et dans notre pays. Dans le domaine énergétique, celui de l’automobile, celui du développement durable, la France et l’Europe ont tout à y gagner.
Nous voulons une France qui défende aussi la compétitivité et la qualité de son agriculture. Nos agriculteurs doivent pouvoir vivre du fruit de leur travail, nourrir 6 milliards d’être humains, entretenir l’environnement et fournir l’agro-industrie. Après le bilan de santé de la PAC, à nous d’imaginer celle de l’après 2013. Contribuer à la définition de ses nouveaux contours sera le meilleur moyen de ne pas la subir. De notre ambition sur ce point dépend la place de notre agriculture dans l’économie mondiale mais aussi la sécurité alimentaire de notre continent. Le défi environnemental, la « croissance verte », les engagements du Grenelle concernent plus que jamais le savoir faire du monde rural.
Dans la France de demain, nous voulons des structures territoriales rénovées. A l’initiative du Président de la République, une large réflexion a été engagée. Mettre un terme à la concurrence entre départements et régions, clarifier les compétences, supprimer les financements croisés, limiter l’inflation de la dépense publique locale, diminuer le nombre d’élus : tous les sujets doivent être abordés sans tabou. Nous y sommes prêts et nous y travaillons depuis de longs mois.
Sur ce thème, les Sénateurs UMP seront exigeants. Avec nos collègues députés UMP, nous avons tracé les lignes directrices. Nous voulons réaffirmer notre attachement à la commune, principal échelon de proximité, et notre volonté que soient créés des conseillers territoriaux qui remplaceraient les conseillers généraux et régionaux. Une réforme en demi-teinte ne serait comprise par personne ; une réforme d’envergure serait acceptée par le plus grand nombre. Dans nos départements, les attentes des élus et de nos concitoyens sont immenses. Le Sénat, représentant des collectivités, défendra l’adaptation de nos structures administratives aux nouvelles réalités des territoires, sans barboter dans l’eau tiède.
Dans la France du XXIe siècle, en effet, il n’y a plus d’un côté la ville et de l’autre la campagne : des échanges existent, des influences réciproques se manifestent, comme en témoigne le phénomène de la « rurbanisation ». Aujourd’hui certaines zones rurales ne perdent plus de population, elles en gagnent. Ce sont des terres de tradition, de savoir-faire mais aussi de véritables laboratoires de l’excellence française. Ces zones retrouvent une attractivité incontestable et sont au cœur de plusieurs défis posés à la société : la nouvelle organisation des services publics, la question de la croissance verte, la valorisation des paysages, le développement de l’économie des services à la personne. Ces territoires sont des acteurs incontournables de l’attractivité de notre pays et doivent jouer un rôle de premier ordre sur le chemin qui conduit au retour de la croissance. Nous ne ferons pas l’économie d’une réflexion sur notre politique en faveur des territoires et nos priorités d’aménagement.
Voilà le sens de l’action du Président de la République et du cap qu’il a fixé pour les prochains mois : bâtir une France nouvelle, modernisée, fière des valeurs qu’elle défend mais aussi capable de s’inscrire dans le nouvel environnement mondial. A Genève, récemment, le Président de la République déclarait « la crise nous rend libres d’imaginer. C’est le moment d’aller le plus loin possible ».
Mes chers collègues, la journée d’aujourd’hui est un moment historique. Pour la première fois, depuis longtemps, le Président de la République s’est exprimé devant le Parlement réuni en Congrès. Pour la première fois, nous avons la possibilité de débattre publiquement des objectifs qu’il a fixés pour notre pays. C’est un événement politique majeur, un rendez-vous républicain de toute première importance.
Ceux qui ne l’auraient pas compris n’ont pas mesuré que nous avons changé d’époque. Ce sont les mêmes qui esquivent le débat aujourd’hui. N’ont-ils toujours rien à dire aux Français ? L’exercice de la démocratie est une épreuve toujours recommencée : celle-ci ne se décrète pas, elle se pratique ; elle n’est jamais acquise, elle est toujours conquise.
Le choix de l’opposition n’impressionne personne. Comme en témoigne cette journée, le Président de la République nourrit l’ambition, avec le Gouvernement et la majorité, de faire de la France un pays en mouvement. Faire le choix de l’immobilisme, ce serait hypothéquer l’avenir. Faire le choix de la réforme, c’est mieux le préparer. Il nous faut donc poursuivre celles que nous avons lancées et engager très rapidement les autres, même les plus ambitieuses, car les Français attendent des réponses pour affronter le présent et permettre l’avenir. Le Président de la République a fait le choix de l’action et de la réforme. A ses côtés, le groupe UMP du Sénat confirme son goût et sa détermination à participer activement à l’émergence du nouveau monde !