


Comme chaque année à la veille de l’examen par le Parlement du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) et du projet de finance (PLF), les sénateurs ont, à l’initiative des commissions des Finances et des Affaires sociales, débattu sur les prélèvements obligatoires.
Pour préparer la discussion, le rapporteur général de la Commission des Affaires Sociales Alain Vasselle (Oise) souligne dans un rapport consacré aux prélèvements sociaux « l’arrêt brutal de la progression des recettes » et l’accroissement des reports de prélèvement. Les prélèvements obligatoires, qui atteignaient en 2008, 42,8% du PIB, accuseront en 2009 et en 2010 une « chute sans précédent » pour tomber cette année à 40,7% du PIB, soit une baisse de plus de deux points en une seule année.
Les prélèvements obligatoires sont notamment affectés par l’évolution négative de la masse salariale sur laquelle sont assis les trois-quarts des recettes sociales. La récession prive le régime général d’environ 22 milliards d’euros de dépense par les recettes se réduit considérablement puisqu’il passe, pour le régime général de près de 97% en 2008 à 90% en 2010.
Urgence : engager le traitement de la dette sociale
Les déficits de 2009 et 2010 (56,3 milliards d’euro, auxquels il faut ajouter un déficit cumulé du fond de solidarité vieillesse (FSV) de l’ordre de 7,5 milliards d’euros) ont un corolaire : l’aggravation de la dette sociale. La reprise par la Caisse d’amortissement de la dette sociale (Cades), prévue seulement au 1er janvier 2011, des déficits sociaux exigera une augmentation de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de 0,54 points, soit plus du doublement de son taux actuel de 0,5%. Si l’on attend une année supplémentaire, la reprise de dette devrait avoisiner les 100 milliards d’euros et il faudra alors porter la CRDS au taux de 1,44%. « Quelle que soit la légitimité des motifs qui le justifient, le report du traitement de cette dette présente des risques sérieux pour l’avenir de la sécurité sociale », insiste donc M. Vasselle qui réclame un « engagement fort du gouvernement de ne pas à nouveau reporter la dette sur les générations suivantes ». L’effort sera d’autant plus douloureux pour le contribuable qu’il sera tardif, argue le rapporteur.
Elargir l’assiette, de la CSG notamment
« Le gouvernement retient une interprétation laxiste de la règle de « gage des niches », qui la vide de fait de l’essentiel de sa portée », a aussi déploré le sénateur de l’Oise Philippe Marini, rapporteur général de la commission des Finances, dans un autre rapport sur l’avenir des prélèvements obligatoires.
Mieux cibler les allégements de charge
Une troisième série de proposition concerne la mobilisation de nouvelles ressources.
Développer les taxes comportementales
Enfin, M. Vasselle revient sur les taxes comportementales (qui selon M. Marini ont « précisément vocation à détruire leur assiette » !) pour réclamer un développement adapté. Les droits applicables au tabac (qui rapporteraient 9,6 milliards d’euros cette année, en rendement quasi stable par rapport à 2008 traduisant une stabilité de la communication) n’ont pas été relevés depuis aout 2007 : « il ne serait pas injustifié de prévoir un ajustement dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010 », écrit-il. « Pour l’alcool, la France applique un taux d’accises moyen faible pour une consommation parmi les plus élevées de l’Union européenne. De réelles marges de progression existent ». Certes « aucun consensus ne permet d’envisager à court terme une augmentation des droits sur certains produits, en particulier sur le vin (..). A moyen terme toutefois, il faudra réexaminer la question, en prenant en compte notamment les considérations de santé publique, auxquelles la commission des Affaires sociales est très attachée, et en ne s’interdisant pas de mettre en regard de l’économie alcoolière le coût des conséquences d’une consommation excessive d’alcool pour l’assurance maladie ». De la même façon, « l’instauration d’une taxe nutritionnelle est une piste qui ne peut plus être éludées », conclut M. Vasselle.
Pour lire le rapport d’information de Alain Vasselle, fait au nom de la commission des affaires sociales, cliquez ici